Méta-matière
architecture et illustration
Hortus conclusus
architecture et illustration
La ville-paysage
architecture et illustration
Microcosmique

design et architecture

Meta-Matière, 2021

Projet de fin d’étude à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville, en collaboration avec Cloé Masson.

De l’enquête territoriale à la relecture du Cyclop, l’oeuvre d’art de Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle.

Ce projet s’intéresse au renouvellement de l’accueil du public autour du Cyclop, sculpture monumentale et collective constituant une œuvre
d’art total en pleine forêt. Au cœur du département de l’Essonne, nous nous intéresserons à la façon dont les ressources locales à disposition permettent de créer les aménagements nécessaires à l’amélioration du confort du visiteur et du respect de l’esprit initial de l’œuvre d’art.
Lors d’un parcours initiatique au cours duquel nous irons à la rencontre des acteurs locaux et des artisans, nous verrons de quelle façon il est
possible d’expérimenter autour de la matière, et notamment du verre, en réexploitant les déchets issus de ces zones de transformation.
Cette enquête territoriale nous permettra de sélectionner des alliances de matières susceptibles d’amplifier les différentes ambiances intérieures repérées au fil de la visite du Cyclop. Cela sera la base d’un parcours autour de ce Monstre d’acier permettant de réinterpréter, préparer voir compenser la visite des différents étages de l’œuvre d’art. Un intérêt particulier sera porté sur les cadrages et le positionnement de cette intervention dans un environnement dénué de contexte architectural et riche d’une faune et d’une flore peu connues. Cela nous permettra de nous extraire de l’échelle de l’intervention architecturale pour nous pousser à porter un regard plus large sur les différents milieux qui composent la forêt et la façon dont l’expérience du visiteur pourrait être enrichie par ce contexte naturel.

Localisation des parcs naturels régionaux d’Île-de-France
Bande dessinée | Lea Ravel
Planche de bd illustrée des différents artisans présents sur le territoire.

La réinterprétation des expériences intérieures du Cyclop ;
Relecture de l’œuvre d’art dans une déambulation horizontale.

Nos recherches sur le territoire de l’Essonne et les matériaux issus de son sol révèlent une certaine richesse à exploiter. À travers ce regard porté sur l’artisanat local et les ressources présentes, nous avons souhaité récupérer des déchets issus de ces gisements précédemment repérés, afin de rendre hommage à la démarche d’art brut des créateurs du Cyclop. Nous avons ainsi choisi d’aller à la rencontre des acteurs locaux afin de comprendre la mise en œuvre de leur travail et repérer de potentiels éléments impossibles à réexploiter une fois la matière façonnée.

architecture design
Coupe schématique exprimant la relecture sensible du Cyclop.
Perspective intérieure sur la boutique du Cyclop.

Un chemin défini par l’oeuvre d’art et la végétation ;
Des perspectives entre les pavillons donnant sur les circulations verticales du Cyclop.

Faire dialoguer ces différents matériaux locaux entre eux nous a permis d’amplifier les expériences intérieures ressenties au sein du Cyclop et de les retranscrire aux futurs visiteurs. La matière récupérée est donc retravaillée
à travers un parcours périphérique horizontal, permettant une nouvelle lecture de l’oeuvre d’art destinée à préparer la visite du Cyclop et répondant à la volonté de monter autrement les différentes séquences de l’oeuvre d’art aux personnes qui ne pourraient pas déambuler dans les différents étages de la sculpture monumentale.

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Processus de fabrication des carreaux de verre avec la technique du fusing et différentes plaques de verre coulées dans le cadre de notre expérimentation du recyclage du verre coloré.

Perspective intérieure du pavillon de restauration.
architecture design
Coupe détail du lieu intégrant les carreaux de verre.

Un parcours forestier à travers une diversité d’ambiances ;

Composer avec les végétaux en présence et intensifier les atmosphères.

Microcosmique, 2018

Projet de paysage et d’événementiel – Projet de fin d’étude en DSAA Territoires Habités à l’École Boulle.

Action de protection de la berge située entre Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine.

Dans le cadre de l’étude écologique menée par la Communauté d’Agglomération de Seine Amont et le cabinet de conseil en environnement Antéa Group, la Grève est identifiée comme étant l’une des seules berges de la Seine amont qui garde un aspect naturel et un cortège indigène remarquable. Elle semble être alors un espace à préserver, un écrin de verdure délicat, de par ses richesses végétales et animales. Au sein de cette friche végétale bordant la Seine, naissent des plantes typiques des milieux humides, ainsi qu’une communauté d’animaux en équilibre avec le milieu. Un fragile et précieux biotope s’est établi là, suite au délaissement du site, d’où la nécessité de sensibiliser les habitants à sa préservation. Un premier travail d’inventaire constitue une preuve que la Grève possède des richesses insoupçonnées. Celui-ci comporte le nom vulgaire, le nom latin, la famille et la date de récolte de la plante. L’écriture et le langage permettraient de donner de la valeur à la flore et donc d’enclencher la prise de conscience
vis-à-vis des habitants. L’étiquetage pourrait devenir un réel outil pour faire comprendre la flore urbaine singulière auprès des habitants. Cet interstice naturel, découvert au fil de mes promenades, je l’apparente à un
« microcosme », terme que j’emploie dans mon mémoire. Étymologiquement, ce terme vient du grec : micros, signifiant « petit » et cosmos, signifiant 
« monde ».

En quoi l’expérience sensible du microcosme de la Grève permettrait-elle la préservation de son biotope ?

*La Grève : Rive à inclinaison douce sur laquelle une végétation indigène se développe, le site borde le fleuve.

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Plan-situation
Papillon

Herbier réalisé à partir d’une collecte de plantes sauvages poussant sur la berge en friche et des photographies personnelles révélant l’atmosphère du contexte existant.

Un précieux biotope en milieu urbain ;

Sensibiliser les citadins.

L’objectif de ma recherche était de trouver les conditions et les moyens de respect de ce milieu rare en ville. Comment inviter les Vitryens et les Ivryens à reconsidérer la Grève comme un « fragment de paysage » précieux ? Au sein de mon mémoire, j’ai cherché dans un premier temps, à caractériser la Grève sous tous ses aspects, en passant par la botanique et la sémantique, pour dévoiler son caractère d’exception, sa fragilité et sa préciosité. Puis, dans un second temps, j’ai tenté de montrer que l’accès partiel des visiteurs à ce lieu pourrait être, contrairement à ce qu’il paraît de prime abord, un gage de préservation. De la protection de la Grève, à celle de la biodiversité en milieu urbain, l’exploration sensible et scientifique de ce biotope microcosmique pourrait constituer le levier d’une prise de conscience écologique macrocosmique. Le projet Ivry Confluence prévoit de piétonniser le quai Henri Pourchassé et Jules Guesde, bordant la Grève. J’ai donc décidé de redéfinir les entrées du site afin de limiter l’accès à la berge, cet «objet-paysage» protégé. Certains escaliers d’accès seront condamnés pour y créer par-dessus les escaliers existants, des «avancées» vers le paysage, des belvédères, permettant de s’approcher tout de même de la nature pour la contempler de plus près, mais toujours à distance, avec respect. Située en retrait par rapport à la murette anti-crue, une « ligne de béton » vient renforcer la limite et créer un mur d’enceinte perméable, pénétrable. Cette limite offrira différents modes d’observation du milieu préservé auquel les habitants auront exceptionnellement accès selon des modalités et un calendrier précis, pensé en fonction des saisons et des phénomènes météorologiques (crue hivernale). Le dessin de la ligne permet de « mettre en écrin » la Grève. Celle-ci se courbe et slalome entre les marronniers le long du mur anti-crue, mais elle se brise aussi parfois, laissant entrevoir depuis la rue, le paysage de la berge.

La mise en écrin du milieu ;

Un balcon sur le fleuve.

L’expression d’une finesse de la matière ;

Un matériau qui dialogue avec la minéralité du lieu.

Mettre en scène le vivant

Imaginer des collaborations artistiques

Ces éléments construits épousent, effleurent, se greffent subtilement autour du mur anti-crue. C’est un vocabulaire délicat. J’ai porté toute mon attention sur la manière dont le dispositif se greffe à la murette car j’ai souhaité donner l’impression que celui-ci la frôle sans détériorations, l’épouse délicatement dans une forme de respect de l’existant. Les fixations structurelles sont très discrètes. La définition de l’épaisseur de la structure béton est aussi une donnée à prendre en compte dans l’expression d’une finesse de la matière. Nous pourrions collaborer avec des artistes afin de révéler cette faune et cette flore intangible au premier abord, dans un autre contexte que les visites médiatisées. Des projections sur l’eau inciteraient les promeneurs à marcher au sein du mur d’enceinte pour découvrir les différentes vidéos offrant un regard microscopique sur la Grève. Une mise en lumière des végétaux grâce à un éclairage solaire écologique pourrait être pensé afin de révéler la flore inconnue.

 

Hortus conclusus, la ruine dans son écrin naturel, 2021

Mémoire, contexte et création, intervention contemporaine dans un bâti historique, en collaboration avec Maria Chuprova.

Les communes de Saint-Bertrand-de-Comminges et Valcabrère constituent une exclave méridionale de la Haute-Garonne (31) au-delà de la Garonne, dans un territoire par ailleurs inscrit dans les Hautes-Pyrénées. Entourée par les reliefs et les vallées pyrénéens au Sud, bordée par la Garonne et visuellement conclue par les reliefs du Cap du Teil au Nord, la plaine de Saint-Bertrand et Valcabrère se présente comme un hortus cultivé et ponctué par les vestiges de l’antiquité. Dans le cadre du développement de ces fouilles, William Van Andringa s’est aperçu que ces campagnes archéologiques révèlent aussi des mémoires récentes et vivantes. Les habitants des villages et des hameaux, qui voient leur territoire agricole s’animer d’équipes d’archéologues et se révéler dans ses couches profondes sous l’impulsion des fouilles, s’intéressent aux sites explorés et s’en rapprochent. En s’inscrivant dans des sites, des paysages et des bâtiments existants, les projets développent des réponses équilibrées aux besoins recueillis lors du voyage d’étude du 8 au 10 octobre 2020 : comment dynamiser le territoire en respectant ses caractéristiques, comment améliorer l’accueil de visiteurs de manière durable et écologique, comment répondre aux besoins en matière d’espaces communs et d’équipement publics tout en s’adaptant à l’échelle de la communauté qui habite, travaille et fait vivre le territoire.

Une promenade à travers la plaine, au fil des vestiges.

Plan de masse architecture
Une tour d'observation qui fait repère dans le paysage.

La ville-paysage, 2021

D’un paysage morcelé à une trame paysagère poreuse et diffuse, en collaboration avec Juliette Bossey.

L’intervention vise à créer une continuité paysagère permettant de valoriser la biodiversité existante et de créer des porosités entre des zones aujourd’hui déconnectées. Il s’agit ainsi de mettre en évidence un patrimoine industriel délaissé par une proposition architecturale et paysagère qui révèle le paysage dans son épaisseur et participe à l’équilibre économique de la ville en incitant à l’implantation de nouveaux logements.

Le territoire résulte non seulement de divers processus de transformations naturelles tels que les effets de mouvements géo-climatiques, mais aussi de processus de transformations menés par l’homme au fil des siècles. Ces différentes transformations font alors du territoire un espace sans cesse remodelé, à l’image d’un palimpseste qui est un parchemin sur lequel nos ancêtres et auteurs médiévaux grattaient pour y inscrire un nouveau texte. Toujours aujourd’hui, les habitants d’un territoire ne cessent de « raturer » et de réécrire sur son sol et notre territoire d’étude Gâtinois et Senonois, en est un témoin.

La comparaison entre les différentes cartes datant de 1751, 1828 et 1950 nous informe sur la manière dont le Paysage de Montargis a évolué à travers le temps. Elles montrent ainsi une  stratification de couches historiques constitue aujourd’hui la riche épaisseur du Paysage Montargois. La comparaison entre le plan actuel et le cadastre français suggère les modifications survenues pour le réseau hydrographique, élément du patrimoine naturel de Montargis. En effet, sur la carte de Cassini, nous pouvons déjà observer la présence d’un réseau hydrographique qui n’est pas maîtrisé. Elle témoigne de l’assèchement des paysages par les constructions minérales des canaux du Loing, de Briare et d’Orléans.

La confrontation entre le plan actuel et la carte de Cassini suggère la présence d’un élément qui semble subsister depuis des siècles, la forêt de Montargis. Finalement, quand on compare toutes les cartes, la forêt de Montargis apparaît comme l’élément le plus « stable » dans le paysage, contrairement aux renouvellements des cultures, à l’alternance des assolements et à l’extension de la ville bâtie au-delà des remparts. Cependant, le repérage des espaces verts sur l’ensemble du territoire montargois sur la carte de Cassini comparée à l’état actuel met en évidence les profondes mutations qu’ils vont subir entre le 18ème siècle et le 21ème siècle. Nous pouvons remarquer que peu d’espaces verts subsistent à la fois dans leurs formes et dans leur nature. La révolution industrielle a été marqué par l’invention de l’automobile, ce qui explique aujourd’hui son omniprésence dans les villes et les aménagements urbains qui en découle. Les infrastructures autoroutières se sont multipliées sur le territoire ; le minéral a pris le pas sur le végétal et donc nous observons peu à peu l’émiettement des paysages et le phénomène de « citta diffusa ».